Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 19:48

     En ces années 40, Agnès est une petite fille turbulente et enjouée, dont les quatre cents coups font le désespoir de sa mère. Jeune veuve de guerre. Hélas, en grandissant, elle ne semble pas s'assagir. Il lui est impossible de se couler dans le moule qu'impose la société. Imaginez ! Elle préfère partir seule sur son vélo qu'aller aux fêtes foraines avec ses amies. Si sa mère arrive à lui donner un peu d'argent pour aller au cinéma, elle se précipite chez le libraire acheter un livre de poésie...

     Le temps passe. Devenue jeune fille, Agnès se marie avec un gentil garçon, Georges. Les enfants arrivent de suite, les difficultés aussi : le travail, la construction de la maison, des problèmes cruciaux d'éducation... De santé aussi, pour compliquer le tout. Pas le temps d'avoir des amis, par le temps de cultiver l'intimité du couple. Juste le temps d'assurer le quotidien ; heureusement, la famille d'Agnès est là pour donner un coup de main, l'aider à se modeler suivant les canons de la bienséance. Pensez donc !

     Agnès, par son non conformisme, pourrait déranger !

     De temps en temps, elle voudrait bien déployer ses ailes, essayer de s'envoler, ne serait-ce qu'un instant, et vagabonder au gré de sa fantaisie. Mais les barreaux de la cage sont d'autant plus solides qu'ils sont invisibles. Insidieusement, Agnès, petit à petit, se résigne ; elle n'est pas malheureuse, plutôt insatisfaite. Une faim en elle qui n'a jamais été comblée...

     Les enfants s'envolent, la retraite est là. Agnès retrouve un mari inconnu. Ils ont oublié de penser à eux. Ils ont lutté de toutes leurs forces, et sont maintenant face à face comme des étrangers. Pas d'amitiés extérieures, pas d'activités précises. Sans doute est-ce de sa faute, elle qui n'aime pas les bavardages de salon, les papotages, elle qui n'a jamais eu le temps de cultiver des relations. L'atelier d'écriture auquel elle participe ne comble pas ce vide ;

     A la mort de Georges, Agnès prend un gentil appartement que sa famille l'aide à installer en respectant les normes de convenance souhaitées par la société. Un appartement fonctionnel, impersonnel, comme tant d'appartements en ville ; les ailes d'Agnès semblent définitivement, irrémédiablement atrophiées. Seules ses peintures lui donnent un peu d'envolée ; seuls ses enfants, si loin maintenant, la qualifient d'artiste.     
     Mais Agnès vit. Elle estime qu'elle aurait bien tort de se plaindre ! Même si l'Agnès enfant qui sommeille si profondément en elle se réveille encore parfois. Sa vie stagne, s'enlise dans un quotidien morne, passif, résigné.

     Un jour pourtant, la visite d'une amitié lointaine mais fidèle lui découvre un nouvel horizon. Une personnalité hors du commun qui, par sa seule présence, fait voler en éclats les barreaux de la cage. De simples mots, d'intenses échanges ouvrent à Agnès une fenêtre insoupçonnée... Les propositions d'exposition de son amie lui donnent de nouvelles envies.

     Les ailes d'Agnès, sans même qu'elle le cherche, se déploient brusquement, claquent au vent de la liberté. Son regard se dessille, elle voit tout à coup avec des yeux nouveaux ce qui l'entoure. Son jugement se réveille et s'ouvre. Elle réalise à quel point elle a toujours accepté les principes de la société, et comme elle en étouffait ; cette nouvelle liberté qui s'éveille la transcende. Elle s'envole en plein ciel, dans l'incompréhension générale, les critiques plus ou moins voilées. Seuls ses enfants, malgré leur appréhension, la poussent à vivre pleinement ce qu'ils appellent déjà "sa vie d'artiste".

     Agnès est déjà vieille ? Elle risque de se brûler les ailes en volant vers le soleil ? Qu'importe ! Elle aura essayé de saisir sa chance. L'ivresse de la liberté est plus forte que toutes les prudences que l'on a voulu, tout au long de sa vie, qu'elle apprenne.

Aujourd'hui, Agnès vole en pleine gloire. Elle connaît les risques, mais le moment présent n'a pas de prix. Son moment présent s'appelle "LIBERTE".

Partager cet article

Repost 0
Published by Jacky Du Béarn - dans Mes poèmes
commenter cet article

commentaires

Joyele 05/07/2009 13:24

Cela demande-t-il un commentaire? Je ne crois pas... Bisous à toi et ta liberté !

FRANE 03/02/2009 20:17

BONJOUR JACKY
Moi c'est FRANCOISE DU BEARN ....chaque fois que je regardais tes diapos ,j'imaginais 1 jeune femme QUEBECQUOISE !!!
Le hasard m'a mis sur ton chemin .
Tant d'admiration pour une personne que je croyais si loin alors que l'on est toute proche ..
Que le BEARN est beau ,comme notre région est belle entre montagnes et ATLANTIQUE .
Si nos amies QUEBECQUOISES savaient ??comme il fait bon y vivre .
Je t'ai toujours envié ,tes créations sont merveilleuses .
GROS BISOUS du BEARN

Roseline Faucon 02/02/2009 19:18

Cette histoire est jolie ....mais cette Agnès me fait penser à une certaine Jacky dont je viens de lire son avis de déménagement et ses envolées et toutes ses activités avec son amie de Nevers ??? Imagination ???
Bisous de Roseline

Marie-Ange 27/01/2009 20:46

Quelle belle et douce histoire, pleine de tendresse. Et une belle " chute ".

denise 24/01/2009 19:38

Bonjour Madame je cherche la personne qui pourrait me répondre concernant les recettes miel et cannelle. Je manque de quelques petites informations. Je souhaite de tout mon coeur recevoir une réponse. Sinon je vous remercie et excusez-moi du dérangement et bon samedi.

Présentation

  • : Le blog de Jacky Du Béarn
  • Le blog de Jacky Du Béarn
  • : Ma région, mes passions, mes diaporamas, mes voyages, France, ville,
  • Contact

  • Jacky Du Béarn

Recherche